Introduction
Dans l’évaluation hormonale masculine, la testostérone totale occupe historiquement une place centrale. Pourtant, cette mesure isolée ne permet pas toujours d’expliquer la présence de symptômes androgéniques chez certains hommes présentant des valeurs biologiquement normales. Cette discordance apparente a conduit à une meilleure compréhension du rôle des protéines de transport hormonales, en particulier de la SHBG (Sex Hormone-Binding Globulin).
La SHBG joue un rôle déterminant dans la régulation de la fraction biologiquement active de la testostérone. Elle n’altère pas la production hormonale en tant que telle, mais conditionne l’accessibilité de l’hormone aux tissus cibles. Dans cette perspective, l’analyse de la SHBG constitue un élément fondamental pour interpréter correctement un bilan androgénique.
Chez TestoAlpha, et plus spécifiquement au sein de Alpha Lab, l’objectif n’est pas de simplifier excessivement la physiologie hormonale, mais d’en clarifier les mécanismes réels. Cet article examine le rôle de la SHBG, son impact sur la testostérone libre et biodisponible, ainsi que son intérêt clinique dans l’évaluation hormonale masculine.
🧪 1. Qu’est-ce que la SHBG ?
La SHBG est une glycoprotéine synthétisée principalement par le foie. Sa fonction principale est de se lier aux hormones sexuelles circulantes, notamment la testostérone et l’estradiol, avec une affinité élevée.
Dans le compartiment plasmatique :
- une fraction de la testostérone est liée fortement à la SHBG,
- une autre est liée faiblement à l’albumine,
- une fraction minoritaire circule sous forme libre.
La liaison à la SHBG est stable et empêche l’hormone d’interagir directement avec les récepteurs androgéniques. À l’inverse, la fraction libre et la fraction liée à l’albumine constituent la testostérone biodisponible, c’est-à-dire la fraction susceptible d’exercer une action biologique.
🧪 2. SHBG et activité androgénique réelle
La SHBG ne détermine pas la quantité totale de testostérone produite, mais elle influence directement la proportion de testostérone biologiquement active.
Une élévation de la SHBG peut entraîner :
- une diminution de la testostérone libre,
- une réduction de la testostérone biodisponible,
- une activité androgénique tissulaire moindre, malgré une testostérone totale normale.
À l’inverse, une SHBG basse augmente la fraction libre, parfois de manière disproportionnée, ce qui peut modifier l’interprétation clinique d’un bilan hormonal.
Ainsi, l’activité androgénique réelle dépend non seulement de la production hormonale, mais également de la distribution des fractions circulantes, régulée en grande partie par la SHBG.
🧠 3. Facteurs influençant les concentrations de SHBG
La synthèse hépatique de la SHBG est sensible à de nombreux paramètres métaboliques, hormonaux et physiologiques. Ces facteurs expliquent pourquoi la SHBG peut varier indépendamment de la testostérone totale.
Une élévation de la SHBG n’augmente pas l’activité androgénique.
Elle correspond au contraire à une augmentation de la fraction liée de la testostérone, réduisant sa disponibilité pour les tissus.
📊 Tableau 1 — Principaux facteurs influençant la SHBG
| Facteurs associés à une SHBG élevée | Facteurs associés à une SHBG basse |
|---|---|
| Hyperthyroïdie | Insulinorésistance |
| Vieillissement | Obésité viscérale |
| Estrogènes élevés | Hyperinsulinémie |
| Certaines maladies hépatiques | Hypothyroïdie |
| Restriction calorique prolongée | Syndrome métabolique |
Ces variations expliquent pourquoi la SHBG constitue un marqueur indirect de l’état métabolique et hépatique, en plus de son rôle hormonal.
🧪 4. Interprétation clinique d’un bilan incluant la SHBG
L’interprétation d’un bilan androgénique repose idéalement sur l’association de trois paramètres :
- testostérone totale,
- SHBG,
- albumine.
À partir de ces valeurs, il est possible d’estimer la testostérone libre et la testostérone biodisponible à l’aide de formules validées.

📊 Tableau 2 — Lecture simplifiée des profils hormonaux
| Testostérone totale | SHBG | Interprétation possible |
|---|---|---|
| Normale | Élevée | Testostérone libre diminuée, activité androgénique réduite |
| Normale | Normale | Activité androgénique généralement cohérente |
| Normale | Basse | Testostérone libre relativement élevée |
| Basse | Élevée | Déficit androgénique probable |
| Basse | Basse | Interprétation complexe, contexte métabolique à considérer |
Ce type d’analyse permet d’éviter des conclusions hâtives basées uniquement sur la testostérone totale.
⚠️ 5. Limites des méthodes de mesure
La mesure directe de la testostérone libre par dialyse à l’équilibre reste la méthode de référence, mais elle est peu accessible en pratique courante. Les calculs indirects à partir de la testostérone totale, de la SHBG et de l’albumine constituent une alternative fiable lorsqu’ils sont réalisés à l’aide de formules validées.
Il convient toutefois de rappeler que :
- les valeurs biologiques doivent toujours être interprétées dans un contexte clinique,
- la SHBG n’est pas un marqueur pathologique en soi,
- une variation de la SHBG n’implique pas nécessairement une dysfonction hormonale isolée.
En pratique, une interprétation fiable ne repose jamais sur un chiffre isolé.
Une SHBG élevée peut réduire la fraction de testostérone biologiquement active sans modifier la testostérone totale, tandis qu’une SHBG basse peut masquer un déficit androgénique sous des valeurs totales apparemment normales.
C’est pourquoi, chez TestoAlpha, la lecture hormonale privilégie toujours une approche intégrée, combinant testostérone totale, SHBG, albumine et testostérone biodisponible, replacées dans leur contexte physiologique et clinique.
🧬 Conclusion — Perspective Alpha Lab
La SHBG occupe une place centrale dans la compréhension de l’activité androgénique masculine. En modulant la distribution des différentes fractions de testostérone, elle conditionne l’accès réel de l’hormone aux tissus cibles et explique pourquoi une testostérone totale « normale » ne reflète pas toujours l’état androgénique fonctionnel.
Chez TestoAlpha, l’approche Alpha Lab repose sur une lecture physiologique complète du système hormonal masculin, intégrant production, transport, liaison protéique et biodisponibilité. L’analyse conjointe de la testostérone totale, de la SHBG et de la testostérone biodisponible permet une interprétation plus fine, plus cohérente et scientifiquement pertinente du statut androgénique réel.
Cette approche globale évite les lectures réductrices basées sur un seul marqueur isolé et replace la SHBG à son juste niveau : non comme un simple chiffre de laboratoire, mais comme un régulateur clé de l’activité hormonale masculine.
Sources scientifiques
- Södergård R. (1982) — Karolinska Institute — Calculation of free and bound fractions of testosterone and estradiol in plasma
- Vermeulen A. (1999) — Ghent University — A critical evaluation of methods for the estimation of free testosterone
- Miller KK. (2004) — Massachusetts General Hospital — Measurement of free testosterone in serum
- Ding EL. (2009) — Harvard Medical School — Sex hormone–binding globulin and risk of type 2 diabetes
- Fiers T. (2018) — Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism — Reassessment of free testosterone calculation
👉 FAQ – Questions fréquentes
❓ 1. La SHBG influence-t-elle la production de testostérone ?
Non. La SHBG n’intervient pas dans la production testiculaire de testostérone. Elle agit uniquement sur la distribution des fractions circulantes, en modulant la part liée, libre et biodisponible de l’hormone.
❓ 2. Une SHBG basse est-elle toujours bénéfique ?
Pas nécessairement. Une SHBG basse augmente la fraction libre de testostérone, mais elle est souvent associée à des déséquilibres métaboliques comme l’insulinorésistance ou le syndrome métabolique. Une augmentation de la testostérone libre dans ce contexte ne reflète pas toujours une meilleure santé hormonale globale.
❓ 3. Pourquoi la SHBG est-elle importante dans l’interprétation d’un bilan hormonal masculin ?
Parce que la testostérone totale seule ne reflète pas l’activité androgénique réelle. L’association testostérone totale, SHBG et albumine permet une estimation plus fiable de la testostérone libre et biodisponible, offrant une lecture plus physiologique du statut hormonal.
❓ 4. Une SHBG élevée est-elle forcément un problème hormonal ?
Non. Une SHBG élevée n’est pas une pathologie en soi. Elle indique une proportion plus importante de testostérone liée, ce qui peut réduire la fraction libre et biodisponible. Son interprétation dépend toujours du contexte clinique, métabolique et des niveaux de testostérone totale.
❓ 5. Peut-on avoir une testostérone totale normale mais une activité androgénique faible ?
Oui. Lorsque la SHBG est élevée, une part importante de la testostérone est liée de façon stable et n’est pas directement disponible pour les tissus. Dans ce cas, la testostérone totale peut être normale alors que la testostérone libre et biodisponible sont diminuées.
❓ 6. Faut-il chercher à avoir une SHBG basse ou élevée ?
Ni l’une ni l’autre. Une SHBG trop élevée peut réduire la fraction de testostérone libre et biodisponible, tandis qu’une SHBG trop basse est fréquemment associée à des déséquilibres métaboliques comme l’insulinorésistance ou le syndrome métabolique. L’objectif n’est donc pas d’optimiser la SHBG isolément, mais d’interpréter sa valeur en lien avec la testostérone totale, l’albumine et le contexte clinique global.
