Introduction — remettre les chiffres à leur juste place
La testostérone est sans doute l’hormone masculine la plus mesurée… et la plus mal interprétée.
Beaucoup d’hommes consultent leurs résultats biologiques avec une question simple : “Est-ce que mes chiffres sont bons ?” Et bien souvent, une valeur de testostérone totale dans la norme suffit à rassurer, ou au contraire à inquiéter.
Chez TestoAlpha – Alpha Lab, notre approche est volontairement plus nuancée.
Les analyses hormonales sont fiables, standardisées et utiles. Le problème ne vient pas des laboratoires, ni des médecins, ni des chiffres eux-mêmes. Il vient d’une confusion fréquente entre quantité mesurée et activité biologique réelle.
Cet article n’a pas pour objectif de remettre en cause les bilans hormonaux, mais d’expliquer ce qu’ils mesurent réellement, ce qu’ils ne peuvent pas mesurer, et comment les interpréter correctement pour éviter les conclusions hâtives.
Dans ce contexte, il est essentiel de rappeler que les hormones ne fonctionnent jamais de manière isolée. Elles s’inscrivent dans un système de régulation complexe, influencé par l’âge, le stress, le métabolisme, le sommeil, l’activité physique et l’état général de santé. Une valeur biologique n’est donc jamais une vérité absolue, mais un indicateur à interpréter dans un ensemble plus large. C’est précisément cette lecture globale, physiologique et nuancée que nous adoptons chez TestoAlpha – Alpha Lab.
🧪 1. Testostérone totale : ce que mesure réellement l’analyse
La testostérone totale correspond à l’ensemble de la testostérone circulant dans le sang, quelle que soit sa forme. Elle regroupe trois fractions biologiques distinctes.
Les trois formes de testostérone circulante
| Fraction | Liaison | Activité biologique |
|---|---|---|
| Testostérone liée à la SHBG | Forte | Inactive |
| Testostérone liée à l’albumine | Faible | Partiellement disponible |
| Testostérone libre | Aucune | Biologiquement active |
La testostérone totale additionne ces trois fractions.
Elle renseigne donc sur une quantité globale, mais pas sur la part réellement utilisable par les tissus.
👉 C’est un indicateur pertinent, mais incomplet.
Sources scientifiques :
Vermeulen et al., J Clin Endocrinol Metab, 1999
Rosner et al., J Clin Endocrinol Metab, 2007
🧬 2. Testostérone libre : la fraction biologiquement active
La testostérone libre représente une très faible proportion de la testostérone totale (environ 1 à 3 %), mais c’est celle qui exerce les effets biologiques directs.
Elle est capable de :
- pénétrer les cellules
- se lier aux récepteurs androgènes
- déclencher les effets physiologiques masculins
Énergie, libido, masse musculaire, densité osseuse, motivation ou récupération sont bien plus corrélées à la testostérone libre qu’à la testostérone totale.
Un point clé, souvent mal compris :
👉 la testostérone libre peut diminuer alors que la totale reste normale.
C’est l’une des raisons pour lesquelles certains hommes présentent des symptômes malgré des résultats biologiques rassurants.
Sources scientifiques :
Goldman et al., J Clin Endocrinol Metab, 2017
Antonio et al., Endocrine Reviews, 2016
⚠️ 3. SHBG : le régulateur silencieux
La SHBG (Sex Hormone-Binding Globulin) est une protéine produite par le foie qui transporte les hormones sexuelles, principalement la testostérone et l’estradiol, dans le sang. Elle régule leur biodisponibilité en limitant l’accès des hormones aux cellules cibles. Un taux élevé de SHBG réduit la fraction de testostérone libre, biologiquement active.
Son rôle est physiologique et normal.
Facteurs connus d’augmentation de la SHBG
- âge
- stress chronique
- restriction calorique prolongée
- déséquilibres thyroïdiens
- certaines conditions métaboliques
👉 Résultat fréquent :
testostérone totale normale + testostérone libre basse.
Ce n’est ni une erreur de laboratoire, ni une anomalie isolée. C’est une régulation biologique.
Sources scientifiques :
Hammond, Endocrine Reviews, 2016
Dunn et al., J Clin Endocrinol Metab, 1981
🧠 4. Et la DHT dans tout ça ?
La DHT (dihydrotestostérone) est souvent confondue avec la testostérone libre, alors qu’il s’agit d’une hormone distincte.
- Elle est produite à partir de la testostérone via l’enzyme 5-alpha-réductase
- Elle agit surtout localement, au niveau des tissus
- Elle est plus puissante sur certains récepteurs androgènes
👉 La DHT n’est pas un substitut de la testostérone libre.
Elle ne reflète ni l’énergie globale, ni l’équilibre hormonal général.
Son rôle est important, mais tissulaire, et rarement évalué en routine clinique.
Sources scientifiques :
Azzouni et al., Asian Journal of Andrology, 2013
Handelsman, Endocrine Reviews, 2017
🧪 5. Pourquoi les bilans standards ont des limites
Les dosages hormonaux sont des outils fiables et standardisés, mais ils décrivent une concentration sanguine dans des conditions données, sans refléter l’ensemble des mécanismes de régulation hormonale.
Ils ne mesurent pas :
- la sensibilité des récepteurs androgènes
- l’influence du système nerveux
- l’état inflammatoire ou métabolique
- la dynamique hormonale sur le long terme
De plus, les méthodes de calcul ou de dosage de la testostérone libre peuvent varier, ce qui explique parfois des interprétations divergentes.
👉 Les chiffres sont justes.
👉 Leur interprétation isolée peut être insuffisante.
Sources scientifiques :
Ly et al., Clin Biochem Rev, 2010
Bhasin et al., J Clin Endocrinol Metab, 2018

📊 Tableau de synthèse — comprendre les résultats
| Paramètre | Ce qu’il indique | Limite principale |
|---|---|---|
| Testostérone totale | Quantité circulante | Ne reflète pas l’activité réelle |
| Testostérone libre | Hormone biologiquement active | Faible proportion, variable |
| SHBG | Régulation de la disponibilité | Souvent ignorée |
| DHT | Action androgénique locale | Peu corrélée aux symptômes globaux |
🧠 Conclusion TestoAlpha — ALPHA LAB
Les bilans hormonaux ne sont ni trompeurs, ni incomplets par nature.
Ils mesurent ce pour quoi ils ont été conçus.
L’erreur survient lorsqu’un chiffre est interprété hors de son contexte physiologique, nerveux et métabolique.
Chez TestoAlpha, nous rappelons un principe fondamental :
Les chiffres sont une base.
La compréhension physiologique permet de leur donner du sens.
Interpréter correctement la testostérone libre et totale, ce n’est pas remettre en cause la biologie clinique.
C’est accepter que le fonctionnement hormonal masculin est régulé, dynamique et multifactoriel.
📚 Références scientifiques
- Dunn J.F. et al. (1981) — University of California
Transport of steroid hormones in human plasma. - Vermeulen A. et al. (1999) — University of Ghent
A critical evaluation of simple methods for the estimation of free testosterone in serum. - Rosner W. et al. (2007) — Columbia University
Utility, limitations, and pitfalls in measuring testosterone: an Endocrine Society position statement. - Azzouni F. et al. (2013) — University of Tennessee Health Science Center
The role of 5α-reductase inhibitors in the treatment of benign prostatic hyperplasia. - Antonio L. et al. (2016) — KU Leuven
A practical guide to the assessment of androgen status in men. - Hammond G.L. (2016) — University of British Columbia
Plasma steroid-binding proteins: primary gatekeepers of steroid hormone action. - Handelsman D.J. (2017) — University of Sydney
Testosterone measurement in clinical practice. - Ly L.P. et al. (2010) — ANZAC Research Institute
Measurement of testosterone in serum by liquid chromatography–tandem mass spectrometry. - Bhasin S. et al. (2018) — Harvard Medical School / Endocrine Society
Testosterone therapy in men with hypogonadism: an Endocrine Society clinical practice guideline.
👉FAQ – Questions fréquentes sur la Testostérone libre et testostérone totale
❓ 1. Une testostérone totale normale suffit-elle à exclure un déséquilibre hormonal ?
Non. La testostérone totale reflète une quantité globale circulante, mais pas la part réellement utilisable par les tissus. Une SHBG élevée peut réduire la testostérone libre malgré une valeur totale située dans les normes biologiques.
❓ 2. Pourquoi la testostérone libre peut-elle être basse alors que la totale est normale ?
Parce qu’une partie importante de la testostérone peut être fortement liée à la SHBG. Cette liaison limite l’accès de l’hormone aux récepteurs androgènes, sans modifier nécessairement la valeur totale mesurée.
❓ 3. La testostérone libre est-elle toujours plus importante que la testostérone totale ?
Elles ne s’opposent pas. La testostérone totale fournit une information de base, tandis que la testostérone libre renseigne sur l’activité biologique directe. Une interprétation pertinente repose sur leur lecture conjointe, et non sur une valeur isolée.
❓ 4. Une SHBG élevée est-elle forcément anormale ?
Non. La SHBG joue un rôle physiologique normal de régulation hormonale. Son augmentation peut être liée à l’âge, au stress, à la restriction calorique ou à certains contextes endocriniens. Elle doit être interprétée dans un cadre clinique global.
❓ 5. Quel est le rôle réel de la DHT dans l’équilibre androgénique masculin ?
La DHT est une hormone androgénique importante, issue de la conversion locale de la testostérone par la 5-alpha-réductase. Elle joue un rôle majeur dans certains tissus spécifiques, notamment la prostate, la peau, les follicules pileux et le développement sexuel masculin.
Cependant, son action est essentiellement tissulaire et locale, et ses concentrations circulantes reflètent imparfaitement l’activité androgénique globale. La DHT ne remplace donc pas l’évaluation de la testostérone libre ou biodisponible lorsqu’il s’agit d’apprécier l’équilibre hormonal systémique.
❓ 6. Quel est le bon indicateur pour interpréter correctement un bilan androgénique ?
Aucun marqueur isolé ne suffit. Une lecture cohérente repose sur l’association de la testostérone totale, de la testostérone libre, de la SHBG et du contexte clinique. L’objectif n’est pas d’atteindre un chiffre idéal, mais de comprendre l’activité androgénique réelle.
