🔄 Dernière mise à jour : juillet 2026
Si vous pratiquez la musculation, vous avez probablement déjà entendu deux discours opposés sur la créatine. Pour certains, elle augmenterait la testostérone et accélérerait la prise de muscle. Pour d’autres, elle ferait monter la DHT et favoriserait la chute des cheveux.
La réalité est moins spectaculaire, mais beaucoup plus solide : la créatine peut améliorer certaines performances et renforcer les adaptations à l’entraînement sans augmenter directement la testostérone. Une petite étude ancienne a observé une hausse de la DHT, mais ce signal isolé n’a pas été confirmé de manière cohérente par les recherches suivantes.
Dans cette analyse, nous allons examiner point par point les effets de la créatine sur la testostérone, la DHT, les performances et la santé des cheveux. L’objectif est de distinguer clairement les résultats solides, les signaux isolés et les idées reçues encore largement diffusées.
1. Qu’est-ce que la créatine ?
La créatine est un composé fabriqué naturellement par l’organisme à partir de trois acides aminés : l’arginine, la glycine et la méthionine. Elle est également présente dans certains aliments d’origine animale, en particulier la viande et le poisson.
La majorité de la créatine corporelle est stockée dans les muscles, sous forme libre ou sous forme de phosphocréatine. Cette dernière aide à reformer rapidement l’ATP, la principale source d’énergie immédiatement utilisable par les cellules musculaires.
Concrètement, ce système devient surtout utile lorsque vous réalisez un effort court et intense : une série de musculation, un sprint, un saut ou plusieurs accélérations rapprochées. La créatine n’agit donc pas comme une hormone et n’est pas un stéroïde. Elle intervient principalement dans la disponibilité énergétique musculaire.
2. La créatine augmente-t-elle la testostérone ?
La réponse directe : probablement pas
La majorité des études humaines ne montre pas d’augmentation fiable et reproductible de la testostérone totale ou de la testostérone libre après une supplémentation en créatine.
Dans une étude contrôlée publiée en 2001, la prise de créatine n’a pas modifié de manière significative les réponses de la testostérone, du cortisol ou de l’hormone de croissance après une séance intense de musculation.
Une revue publiée en 2021 a recensé plusieurs travaux portant sur les hormones androgènes. Sur douze études examinant la testostérone, dix ne rapportaient aucun changement et deux seulement de petites variations considérées comme peu importantes sur le plan physiologique. Les études ayant mesuré la testostérone libre n’ont pas observé de hausse.
Cela permet de corriger une confusion fréquente :
Améliorer la force ou gagner du muscle ne signifie pas forcément que la testostérone a augmenté.
La créatine peut vous aider à maintenir davantage de puissance, à réaliser quelques répétitions supplémentaires ou à tolérer un volume d’entraînement plus élevé. Avec le temps, ce travail supplémentaire peut contribuer aux progrès musculaires, sans qu’une modification hormonale importante soit nécessaire.
Pour approfondir cette distinction, consultez également notre analyse sur la testostérone libre et la testostérone totale.
3. Créatine, DHT et chute des cheveux
La controverse sur les cheveux vient presque entièrement d’une étude publiée en 2009 chez de jeunes joueurs de rugby.
Les participants ont suivi :
Une phase de charge consiste à utiliser temporairement une quantité plus élevée de créatine afin d’augmenter rapidement les réserves musculaires. Dans cette étude, les chercheurs ont appliqué le protocole suivant :
- une phase de charge de 25 g par jour pendant 7 jours ;
- puis une phase d’entretien de 5 g par jour pendant 14 jours.
La testostérone n’a pas augmenté. En revanche, les chercheurs ont observé une hausse relative de la DHT de 56 % après la phase de charge, puis un niveau encore supérieur de 40 % à la valeur initiale après la phase d’entretien.
Ces pourcentages semblent impressionnants, mais ils doivent être replacés dans leur contexte.
Seuls 16 participants ont terminé l’étude. En valeur absolue, l’augmentation de DHT était d’environ 0,55 nmol/L après 7 jours et 0,40 nmol/L après 21 jours. Les concentrations sont restées dans les limites cliniques normales et la DHT du groupe créatine était plus basse au départ que celle du groupe placebo.
Surtout, cette étude n’a pas mesuré la chute des cheveux. Elle a mesuré certaines hormones dans le sang pendant trois semaines.
Pourquoi la DHT inquiète-t-elle ?
La DHT est un dérivé de la testostérone. Chez les personnes génétiquement prédisposées à l’alopécie androgénétique, elle peut participer à la miniaturisation de certains follicules pileux.
Cela ne signifie pas qu’une variation temporaire de DHT dans le sang entraîne automatiquement une chute de cheveux. Le niveau hormonal, la sensibilité individuelle des follicules et la génétique ne sont pas des éléments interchangeables.
En 2025, un essai randomisé de 12 semaines a directement étudié la santé des cheveux chez des utilisateurs de créatine. Parmi les participants ayant terminé le protocole, les chercheurs n’ont observé aucune différence significative entre le groupe créatine et le groupe placebo concernant la DHT, le rapport DHT/testostérone ou les paramètres de croissance capillaire. Cette étude ne répond pas à toutes les questions sur plusieurs années d’utilisation, mais elle va clairement contre l’idée d’une perte de cheveux systématiquement provoquée par la créatine.
Tableau 1 — Créatine, testostérone, DHT et cheveux
| Étude | Protocole | Résultat principal | Lecture TestoAlpha |
|---|---|---|---|
| Op’t Eijnde et Hespel, 2001 | Supplémentation courte et entraînement intense | Pas de modification significative de la testostérone, du cortisol ou de l’hormone de croissance | Les effets sur la performance ne semblent pas dépendre d’une hausse hormonale aiguë |
| van der Merwe et al., 2009 | 25 g/j pendant 7 jours, puis 5 g/j pendant 14 jours | Testostérone inchangée, hausse relative de la DHT | Signal intéressant, mais petit échantillon, courte durée et aucune mesure des cheveux |
| Antonio et al., 2021 | Revue narrative de la littérature | Pas de hausse cohérente de la testostérone totale, libre ou de la DHT | Le poids global des données ne soutient pas un effet hormonal habituel |
| Lak et al., 2025 | Essai randomisé de 12 semaines | Pas de différence significative sur la DHT ou les paramètres capillaires | Résultat rassurant, sans exclure toutes les questions à très long terme |
Sources du tableau 1 :
- Op’t Eijnde B, Hespel P. Short-term creatine supplementation does not alter the hormonal response to resistance training. Medicine & Science in Sports & Exercise, 2001.
- van der Merwe J, Brooks NE, Myburgh KH. Three Weeks of Creatine Monohydrate Supplementation Affects Dihydrotestosterone to Testosterone Ratio in College-Aged Rugby Players. Clinical Journal of Sport Medicine, 2009.
- Antonio J et al. Common questions and misconceptions about creatine supplementation: what does the scientific evidence really show? Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2021.
- Lak M et al. Does creatine cause hair loss? A 12-week randomized controlled trial. Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2025.
4. Comment améliore-t-elle les performances sans augmenter les hormones ?
Pendant un effort intense, les réserves immédiatement disponibles d’ATP diminuent rapidement. La phosphocréatine aide à reformer de l’ATP pendant les premières secondes de l’effort.
Lorsque les réserves musculaires de créatine sont plus élevées, cela peut vous permettre :
- de répéter davantage d’efforts intenses ;
- de maintenir un peu mieux la puissance entre les séries ;
- de réaliser parfois quelques répétitions supplémentaires ;
- d’accumuler un volume d’entraînement légèrement supérieur ;
- de mieux soutenir certaines adaptations à la musculation.
La créatine améliore donc avant tout votre capacité à vous entraîner. Elle ne transforme pas directement votre organisme en environnement hormonal « optimisé ».
Les anciennes affirmations selon lesquelles la créatine ferait systématiquement baisser le cortisol, augmenterait les récepteurs androgéniques ou améliorerait le sommeil profond ne sont pas suffisamment démontrées pour être présentées comme des effets établis. Une étude sur la privation de sommeil a observé un bénéfice limité sur certaines tâches cognitives, mais pas une amélioration générale du sommeil ou une hausse de testostérone.
Pour aller plus loin sur les adaptations liées à l’entraînement, découvrez notre dossier sur la musculation et la testostérone.
5. Quels bénéfices sont réellement démontrés ?
La créatine est particulièrement adaptée aux efforts courts, intenses et répétés. Son intérêt est moins évident pour les activités d’endurance continue comme la course de longue distance.
Les synthèses récentes montrent qu’une supplémentation associée à un entraînement de résistance peut améliorer les gains de force du haut et du bas du corps. Une méta-analyse consacrée à l’hypertrophie a également observé un petit avantage supplémentaire sur les mesures directes de croissance musculaire par rapport à l’entraînement seul.
Cela ne veut pas dire que chaque utilisateur obtiendra le même résultat. Le niveau d’entraînement, l’alimentation, le type d’exercice, la régularité et les réserves initiales de créatine peuvent influencer la réponse.
Tableau 2 — Niveau de preuve selon l’effet recherché
| Effet recherché | Niveau de preuve | Conclusion raisonnable |
|---|---|---|
| Efforts courts et répétés de haute intensité | Solide | La créatine peut aider à maintenir la puissance et la performance |
| Force avec entraînement de résistance | Solide à modéré | Un avantage supplémentaire est régulièrement observé |
| Masse maigre et hypertrophie | Modéré | Petit bénéfice possible lorsqu’elle accompagne un entraînement structuré |
| Récupération après l’effort | Variable | Certains marqueurs peuvent s’améliorer, mais l’effet n’est pas universel |
| Endurance longue durée | Faible à variable | Bénéfice moins évident que pour la musculation et les sprints |
| Augmentation de la testostérone | Non démontrée | Pas d’augmentation cohérente de la testostérone totale ou libre |
| Hausse durable de la DHT | Non établie | Un signal ancien existe, mais il n’a pas été suffisamment reproduit |
| Chute des cheveux | Non démontrée | Aucun lien causal convaincant n’est établi actuellement |
Sources du tableau 2 :
- Kreider RB et al. International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation in exercise, sport, and medicine. Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2017.
- Wang Z et al. Effects of Creatine Supplementation and Resistance Training on Muscle Strength Gains in Adults Under 50 Years of Age: A Systematic Review and Meta-Analysis. Nutrients, 2024.
- Burke R et al. The Effects of Creatine Supplementation Combined with Resistance Training on Regional Measures of Muscle Hypertrophy: A Systematic Review with Meta-Analysis. Nutrients, 2023.
- Forbes SC et al. Creatine supplementation and endurance performance: surges and sprints to win the race. Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2023.
6. Dose, phase de charge et moment de prise
Chez l’adulte, une prise quotidienne de 3 à 5 g de créatine monohydrate est couramment utilisée dans les études.
Une phase de charge n’est pas obligatoire. Elle permet principalement de saturer plus rapidement les réserves musculaires. Un protocole classique utilise environ 20 g par jour, répartis en plusieurs prises pendant cinq à sept jours, avant de passer à une dose d’entretien.
Vous pouvez parfaitement choisir une dose quotidienne plus faible dès le début. La saturation sera simplement plus progressive.
Faut-il la prendre avant ou après l’entraînement ?
Le moment optimal reste incertain.
Une petite étude a suggéré un possible avantage après l’entraînement, mais les recherches suivantes n’ont pas confirmé une supériorité claire et constante d’une prise avant ou après la séance. Une comparaison directe a notamment observé des gains similaires dans les deux situations.
Pour la majorité des utilisateurs, la règle la plus simple reste donc la meilleure :
Prenez-la à un moment que vous pouvez maintenir régulièrement.
Il n’est pas nécessaire de la prendre exactement dans les trente minutes suivant l’entraînement ni de construire toute votre journée autour de ce complément.
7. Créatine, reins et sécurité
La créatine est parfois accusée d’endommager les reins parce qu’elle peut modifier la créatinine sanguine.
Créatine et créatinine ne sont pourtant pas la même substance. La créatinine est notamment un produit issu du métabolisme de la créatine et du muscle. Sa concentration peut donc légèrement augmenter sans que cela traduise automatiquement une lésion rénale.
Une méta-analyse publiée en 2025 a observé une petite hausse de la créatinine sanguine chez les personnes supplémentées, mais aucune modification significative du débit de filtration glomérulaire. Les auteurs estiment que cette variation modeste est probablement liée au métabolisme de la créatine plutôt qu’à une détérioration mesurable de la fonction rénale.
Cela ne signifie pas que tout le monde doit en prendre sans réfléchir.
Un avis médical est particulièrement important en cas de :
- maladie rénale connue ;
- anomalie biologique inexpliquée ;
- traitement pouvant affecter les reins ;
- grossesse ou allaitement ;
- maladie chronique nécessitant un suivi ;
- utilisation chez un mineur.
Si vous réalisez des analyses sanguines, signalez votre consommation de créatine au professionnel qui les interprète. Cela l’aidera à replacer une éventuelle variation de créatinine dans son contexte.
Quelle forme choisir ?
La créatine monohydrate reste la forme de référence dans la majorité des recherches. Les formes HCl, tamponnées ou commercialisées comme plus « avancées » n’ont pas démontré une supériorité générale suffisamment solide.
Privilégiez un produit :
- contenant principalement de la créatine monohydrate ;
- indiquant clairement la quantité par portion ;
- provenant d’une fabrication contrôlée ;
- idéalement vérifié par une certification indépendante.
Les compléments sportifs ne font pas tous l’objet des mêmes contrôles avant leur commercialisation. Une certification indépendante peut donc fournir une assurance supplémentaire concernant l’identité du produit et l’absence de certaines substances non déclarées.
Analyse TestoAlpha
Chez TestoAlpha, notre lecture est simple : la créatine mérite sa réputation pour la performance, mais pas celle de booster de testostérone.
Ses bénéfices sur les efforts répétés, la force et certaines adaptations à l’entraînement sont déjà suffisamment intéressants. Il n’est pas nécessaire de leur ajouter une promesse hormonale que les études ne confirment pas.
La controverse sur la DHT mérite d’être expliquée, pas ignorée. Mais elle repose principalement sur une petite étude ancienne, réalisée pendant trois semaines et sans mesure directe de la chute des cheveux. Les travaux plus récents ne montrent pas que la créatine provoque habituellement une hausse durable des androgènes ou une dégradation mesurable de la santé capillaire.
La créatine peut donc s’intégrer à une stratégie de performance ou de santé musculaire. Elle ne remplace cependant ni un entraînement structuré, ni une alimentation adaptée, ni le sommeil, et elle ne garantit pas une augmentation de la testostérone.
Questions fréquentes
La créatine augmente-t-elle réellement la testostérone ?
La majorité des études humaines ne montre pas d’augmentation constante de la testostérone totale ou libre. Ses effets sur la force et la masse musculaire semblent surtout passer par l’énergie musculaire et une meilleure capacité d’entraînement.
La créatine augmente-t-elle la DHT ?
Une étude de 2009 a observé une hausse de la DHT après une phase de charge, mais ce résultat n’a pas été reproduit de façon suffisamment cohérente pour être considéré comme un effet habituel.
La créatine provoque-t-elle la chute des cheveux ?
Aucune preuve solide ne démontre actuellement qu’elle provoque une chute de cheveux. Un essai randomisé publié en 2025 n’a pas observé de différence significative concernant la DHT ou les paramètres capillaires entre la créatine et le placebo.
Faut-il faire une phase de charge ?
Non. Une prise quotidienne plus faible permet également d’augmenter progressivement les réserves musculaires. La charge sert surtout à atteindre plus rapidement la saturation.
Faut-il prendre la créatine après l’entraînement ?
Ce n’est pas obligatoire. Les données ne montrent pas clairement qu’une prise après l’entraînement soit systématiquement supérieure à une prise avant ou à un autre moment de la journée.
La créatine est-elle dangereuse pour les reins ?
Aux doses habituellement étudiées, les données disponibles ne montrent pas de baisse significative du débit de filtration glomérulaire chez les adultes en bonne santé. Une maladie rénale ou une situation médicale particulière justifie toutefois un avis professionnel.
Conclusion TestoAlpha
La créatine est un complément efficace pour certains efforts intenses et pour les adaptations à la musculation, mais les données ne montrent pas d’augmentation fiable de la testostérone.
Une ancienne étude sur la DHT a alimenté la controverse sans démontrer de chute de cheveux, et les recherches plus récentes ne confirment pas un risque systématique.
Créatine : preuves solides pour la performance, effet non démontré sur la testostérone.
Découvrez également nos analyses consacrées à Alpha Performance, notre rubrique Suppléments et compléments, ainsi que nos analyses sur l’ashwagandha et la testostérone et sur les oméga-3 et leurs effets sur la testostérone.
Sources scientifiques
- Op’t Eijnde B, Hespel P. Short-term creatine supplementation does not alter the hormonal response to resistance training. 2001. [Voir l’étude]
- van der Merwe J, Brooks NE, Myburgh KH. Three Weeks of Creatine Monohydrate Supplementation Affects Dihydrotestosterone to Testosterone Ratio in College-Aged Rugby Players. 2009. [Voir l’étude]
- Kreider RB et al. International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation in exercise, sport, and medicine. 2017.
- Antonio J et al. Common questions and misconceptions about creatine supplementation: what does the scientific evidence really show? 2021.
- Antonio J, Ciccone V. The effects of pre versus post workout supplementation of creatine monohydrate on body composition and strength. 2013.
- Burke R et al. The Effects of Creatine Supplementation Combined with Resistance Training on Regional Measures of Muscle Hypertrophy. 2023.
- Wang Z et al. Effects of Creatine Supplementation and Resistance Training on Muscle Strength. 2024. [Voir l’étude]
- Lak M et al. Does creatine cause hair loss? A 12-week randomized controlled trial. 2025.
- Kabiri Naeini E et al. Effect of creatine supplementation on kidney function: a systematic review and meta-analysis. 2025. [Voir l’étude]
- NIH Office of Dietary Supplements. Dietary Supplements for Exercise and Athletic Performance.

