🔄 Dernière mise à jour : août 2026
Le squat est régulièrement cité lorsqu’on parle de testostérone et de musculation. Les jambes mobilisent une quantité importante de masse musculaire et plusieurs études ont effectivement observé une réponse hormonale aiguë après leur entraînement.
Mais qu’en est-il des pectoraux, l’un des groupes musculaires les plus entraînés en musculation ?
Une étude devenue particulièrement intéressante pour cette question rapporte une augmentation de 7,4 % de la testostérone après une séance de développé couché.
Le chiffre attire forcément l’attention.
Mais il ne raconte pas toute l’histoire.
D’autres expériences réalisées avec le même exercice ont obtenu des réponses hormonales beaucoup plus importantes… ou au contraire aucune augmentation significative.
Alors, entraîner les pectoraux peut-il réellement influencer la testostérone ?
Nous avons comparé plusieurs études utilisant principalement le développé couché, leurs protocoles, leurs chiffres et leurs limites.
Important : le développé couché sollicite fortement le grand pectoral, mais également les triceps et la partie antérieure des épaules. Les études présentées ici ne permettent donc pas d’isoler à 100 % le pectoral. Lorsque nous parlons de « pectoraux », nous faisons référence à un entraînement dominé en majeure partie par le développé couché.
📈 1. +7,4 % de testostérone après le développé couché
Le chiffre le plus simple à retenir vient d’une étude de Volek et al. publiée en 1997.
Douze hommes ayant une expérience de l’entraînement de résistance ont réalisé une séance composée uniquement de développé couché.
Le protocole était exigeant :
- 5 séries
- réalisées jusqu’à l’échec
- avec une charge permettant environ 10 répétitions maximales
- 2 minutes de récupération entre les séries.
Un prélèvement sanguin était effectué avant l’entraînement puis environ 5 minutes après la séance.
Résultat :
Testostérone : +7,4 % après le développé couché
La hausse était statistiquement significative.
Dans la même étude, un protocole de jump squats produisait une augmentation plus importante :
+15,1 % après les jump squats
Autrement dit, le développé couché était capable de provoquer une réponse hormonale mesurable, mais celle-ci était environ deux fois moins importante que celle observée avec l’exercice sollicitant fortement les membres inférieurs.
| Protocole étudié | Développé couché |
|---|---|
| Participants | 12 hommes |
| Séries | 5 |
| Répétitions | Jusqu’à l’échec avec une charge d’environ 10 répétitions maximales |
| Récupération | 2 minutes |
| Mesure | Avant puis 5 min après |
| Testostérone | +7,4 % |
| Comparaison jump squat | +15,1 % |
Ce que signifie vraiment +7,4 %
Ce résultat ne signifie pas qu’une séance de pectoraux augmente durablement la testostérone de 7,4 %.
Il s’agit d’une variation aiguë, mesurée juste après l’effort.
La différence est essentielle.
Une augmentation pendant quelques minutes après une séance n’est pas équivalente à une augmentation permanente de la concentration hormonale au repos.
Pour comprendre cette distinction, voir également notre analyse sur la musculation et la testostérone dans le temps.
🏋️ 2. Seulement 15 répétitions lourdes : une réponse encore visible 30 minutes plus tard
Une autre expérience apporte un résultat particulièrement intéressant.
Scudese et al. ont étudié dix hommes entraînés en musculation.
Cette fois, le développé couché était effectué avec une charge lourde correspondant à 85 % de la charge maximale.
Pour simplifier :
la charge maximale, ou 1RM, correspond au poids qu’une personne peut soulever une seule fois correctement.
Le protocole comportait :
5 séries × 3 répétitions = seulement 15 répétitions de travail.
Les chercheurs ont comparé deux temps de récupération :
- 1 minute ;
- 3 minutes.
La testostérone totale était mesurée avant, immédiatement après, puis 15 et 30 minutes après la séance.
Résultat remarquable :
La testostérone totale était significativement supérieure au niveau pré-entraînement à chaque mesure post-exercice.
Cela concernait les deux conditions de récupération.
Mais le maintien de la réponse était particulièrement marqué avec 3 minutes de récupération.
Des tailles d’effet encore importantes à 30 minutes
Les chercheurs ont également calculé la magnitude du changement.
| Temps après l’effort | Repos 1 min | Repos 3 min |
|---|---|---|
| Immédiatement | 1,60 – importante | 1,50 – importante |
| +15 min | 0,57 – modérée | 1,17 – importante |
| +30 min | 0,46 – modérée | 1,18 – importante |
Avec trois minutes de récupération, la taille d’effet observée à 30 minutes restait donc classée comme importante dans cette étude.
C’est intéressant car cela montre qu’un entraînement dominé par les pectoraux et réalisé avec seulement 15 répétitions lourdes peut être associé à une réponse aiguë de testostérone.
Mais le dossier devient beaucoup plus intéressant lorsqu’on change le protocole.

❌ 3. 5 séries de 10 au développé couché… et aucune hausse significative
En 2019, Geisler et al. ont réalisé une comparaison particulièrement utile.
Treize hommes pratiquant régulièrement la musculation ont réalisé deux séances différentes :
- développé couché ;
- squat.
Le protocole était identique pour les deux exercices :
5 séries de 10 répétitions à environ 75 % de la charge maximale.
Des échantillons de salive étaient prélevés avant, pendant, immédiatement après, puis 15 et 45 minutes après l’entraînement.
Avec le squat, la testostérone augmentait significativement après la séance et restait élevée lors des mesures suivantes.
Avec le développé couché :
aucune modification significative de la testostérone n’a été observée.
Même exercice principal que dans les études précédentes.
Mais résultat complètement différent.
| Étude | Développé couché | Résultat |
|---|---|---|
| Volek et al. | 5 séries à l’échec, charge ≈ 10 répétitions max | +7,4 % |
| Scudese et al. | 5 × 3, charge lourde | Hausse significative jusqu’à 30 min |
| Geisler et al. | 5 × 10, charge ≈ 75 % du maximum | Pas de hausse significative |
Voilà pourquoi il serait incorrect d’écrire :
« Le développé couché augmente la testostérone. »
Une formulation scientifiquement plus juste serait :
Le développé couché peut provoquer une augmentation aiguë de testostérone dans certaines conditions, mais cette réponse n’est pas systématique.
🧪 4. +3,8 nmol/L : ce qu’apporte une étude de 2024
Une étude publiée en 2024 apporte une donnée supplémentaire.
Onze hommes entraînés ont réalisé deux séances différentes dans un protocole croisé :
- développé couché ;
- presse à jambes.
Cette fois, l’intensité était relativement modérée :
50 % de la charge maximale
mais chaque série était poursuivie jusqu’à l’échec volontaire.
Les participants réalisaient 5 séries, produisant un volume de travail très élevé, légèrement supérieur à 100 répétitions dans les conditions étudiées.
Lorsque les chercheurs ont analysé l’évolution de la testostérone au cours du temps, ils ont observé :
+3,8 nmol/L immédiatement après l’exercice
avec une différence statistiquement significative (p = 0,014).
La taille de l’effet restait cependant relativement faible (0,25).
Point essentiel : cette augmentation correspond à l’effet temporel observé dans l’étude regroupant les conditions d’exercice. Les chercheurs n’ont pas démontré que les +3,8 nmol/L provenaient spécifiquement des pectoraux.
Ils n’ont pas non plus retrouvé de supériorité claire du développé couché sur la presse à jambes pour cette réponse.
Pourquoi cette étude est intéressante
Elle montre une nouvelle fois que la charge utilisée ne suffit pas à prédire la réponse hormonale.
Dans Scudese :
85 % du maximum + seulement 15 répétitions
pouvait provoquer une réponse mesurable.
Dans l’étude de 2024 :
50 % du maximum + un volume dépassant approximativement 100 répétitions
pouvait également s’accompagner d’une augmentation aiguë.
Le corps semble donc répondre à l’ensemble du stress imposé par la séance, et pas simplement au poids présent sur la barre.
📊 5. Les études sur les pectoraux comparées
| Étude | Participants | Protocole principal | Résultat sur la testostérone |
|---|---|---|---|
| Volek et al., 1997 | 12 hommes | 5 séries au développé couché, charge ≈ 10 reps max | +7,4 % |
| Häkkinen et al., 1998 | 10 jeunes hommes + 10 hommes âgés | Efforts maximaux du haut du corps | Hausse de T totale chez les jeunes |
| Scudese et al., 2016 | 10 hommes entraînés | 5 × 3 à 85 % du maximum | Hausse jusqu’à 30 min |
| Geisler et al., 2019 | 13 hommes | 5 × 10 à ≈75 % du maximum | Pas de hausse significative au bench |
| Chycki et al., 2024 | 11 hommes entraînés | 5 séries à l’échec à 50 % | Hausse aiguë globale, +3,8 nmol/L |
L’étude de Häkkinen et al. apporte un autre élément intéressant : chez de jeunes hommes, la testostérone totale augmentait après un travail maximal du haut du corps utilisant un mouvement de poussée proche du développé couché.
Cependant, la testostérone libre n’augmentait significativement que lors du travail des membres inférieurs et de la condition combinant haut et bas du corps.
Cette nuance renforce l’idée générale :
le haut du corps peut provoquer une réponse de testostérone, mais celle-ci semble moins constante que celle observée dans certains protocoles impliquant une masse musculaire plus importante.
Nous avons d’ailleurs détaillé l’importance physiologique des membres inférieurs dans notre analyse sur les muscles des jambes.
🔬 6. Pourquoi les résultats changent-ils autant ?
Deux séances de développé couché peuvent sembler identiques pour un pratiquant.
Scientifiquement, elles peuvent pourtant constituer deux stimuli très différents.
| Variable | Exemple | Pourquoi elle compte |
|---|---|---|
| Charge | 50 %, 75 % ou 85 % du maximum | Modifie la tension et le nombre de répétitions possibles |
| Volume | 15 reps ou plus de 100 | Modifie la quantité totale de travail |
| Échec musculaire | Oui / non | Modifie la fatigue produite |
| Temps de repos | 1, 2 ou 3 min | Modifie la récupération entre les séries |
| Masse musculaire recrutée | Bench vs squat | Modifie la demande physiologique globale |
| Moment du prélèvement | 0, 5, 15, 30 ou 45 min | Une hausse brève peut être manquée selon le timing |
| Type de mesure | Sang ou salive | Les méthodes ne mesurent pas exactement la même chose |
| Âge et entraînement | Débutant, entraîné, jeune, âgé | La réponse hormonale peut varier entre individus |
Une revue de Vingren et al. consacrée à la physiologie de la testostérone pendant l’entraînement de résistance conclut également que les séances produisant une forte demande métabolique et un volume suffisant sont généralement plus susceptibles de provoquer une réponse aiguë de testostérone.
Cela explique probablement une partie des différences entre les expériences.
🧠 7. Est-ce réellement « le pectoral » qui augmente la testostérone ?
C’est ici que la prudence scientifique devient importante.
Le développé couché recrute principalement :

- le grand pectoral ;
- les triceps ;
- le deltoïde antérieur.
À cela s’ajoutent différents muscles stabilisateurs.
Aucune des études présentées ne permet donc de faire contracter uniquement le grand pectoral tout en éliminant le reste du mouvement.
Nous pouvons affirmer que :
un exercice fortement dominé par les pectoraux peut produire une réponse aiguë de testostérone.
Nous ne pouvons pas affirmer que :
le tissu pectoral possède, à lui seul, un effet hormonal particulier.
La distinction est importante.
Les données actuelles suggèrent davantage une réponse à l’effort global imposé à l’organisme qu’une propriété hormonale spécifique d’un muscle.
Pour découvrir nos autres analyses sur l’entraînement, la force et la puissance, consultez la rubrique Entraînement & puissance.
⚠️ 8. Pic aigu de testostérone ≠ plus de muscle automatiquement
C’est probablement la limite la plus importante de tout cet article.
Une hausse de testostérone observée après une séance n’est pas nécessairement responsable de l’hypertrophie qui suivra.
West et al. ont testé cette hypothèse pendant 15 semaines.
Les chercheurs ont fait travailler les fléchisseurs du coude dans deux environnements hormonaux différents.
Dans une condition, le travail des bras n’entraînait pratiquement aucune hausse importante de testostérone.
Dans l’autre, un gros travail des jambes était ajouté afin de provoquer une augmentation importante des hormones circulantes.
Les hormones augmentaient effectivement.
Mais après 15 semaines :
- la section musculaire augmentait d’environ 12 % dans la condition sans grand pic hormonal ;
- d’environ 10 % dans la condition avec forte réponse hormonale ;
- aucune différence significative d’hypertrophie n’était observée entre les deux conditions.
Les gains de force n’étaient pas différents non plus.
Autrement dit :
Un pic aigu de testostérone est une réponse physiologique intéressante à mesurer, mais il ne doit pas être confondu avec une garantie de croissance musculaire ou une augmentation durable de la testostérone.
Pour une vue plus globale, consultez également notre analyse : musculation et testostérone : combien de temps faut-il pour voir un vrai effet ?.
🔥 9. Ce que nous retenons chez TestoAlpha
Les données sur le développé couché permettent aujourd’hui de sortir d’une opposition trop simpliste entre :
« seuls les exercices de jambes augmentent la testostérone »
et
« tous les exercices lourds boostent la testostérone ».
La réalité est plus intéressante.
Un entraînement dominé par les pectoraux a produit :
+7,4 % de testostérone dans une étude
et une réponse mesurable jusqu’à :
30 minutes dans une autre.
Pourtant, un protocole de :
5 séries de 10 répétitions
n’a provoqué aucune hausse significative dans une troisième expérience.
Cela signifie que les pectoraux ne possèdent probablement pas un « bouton hormonal » particulier.
Ce sont plutôt la charge, le volume, la fatigue, la récupération, la masse musculaire recrutée et le protocole global qui déterminent en partie la réponse endocrine.
Conclusion TestoAlpha
Oui, le développé couché peut s’accompagner d’une augmentation aiguë de testostérone chez l’homme.
Non, cette augmentation n’est ni systématique, ni permanente, ni directement attribuable au grand pectoral seul.
Le chiffre de +7,4 % est donc réel dans son contexte expérimental.
La véritable leçon scientifique est ailleurs :
ce n’est pas seulement le muscle entraîné qui compte, mais la manière dont l’organisme entier est sollicité.
Comme nous le rappelons régulièrement, l’entraînement ne constitue qu’une partie de l’équation : un sommeil suffisant, une alimentation adaptée et une bonne récupération mentale contribuent également à créer un environnement favorable à la récupération, aux adaptations physiques et à l’équilibre hormonal.
❓ FAQ
Les pectoraux augmentent-ils la testostérone ?
Certaines études utilisant le développé couché observent une augmentation aiguë de testostérone, tandis que d’autres n’en observent aucune. Les données ne permettent donc pas d’affirmer qu’entraîner les pectoraux augmente systématiquement la testostérone.
Le développé couché peut-il vraiment augmenter la testostérone de 7,4 % ?
Oui, une étude de Volek et al. a mesuré une augmentation de 7,4 % environ cinq minutes après une séance de développé couché. Ce chiffre correspond cependant à un protocole précis et ne doit pas être généralisé à toutes les séances.
Combien de temps la hausse peut-elle durer ?
Dans l’étude de Scudese et al., la testostérone totale restait significativement supérieure au niveau pré-entraînement 30 minutes après la séance. Cela ne signifie pas qu’elle reste augmentée pendant plusieurs heures ou plusieurs jours.
Le squat augmente-t-il davantage la testostérone que le développé couché ?
Certaines comparaisons vont dans ce sens. Volek et al. ont observé +15,1 % avec les jump squats contre +7,4 % avec le développé couché, tandis que Geisler et al. ont observé une hausse après le squat mais pas après le bench. Cependant, les résultats dépendent fortement du protocole.
Une hausse post-entraînement fait-elle prendre plus de muscle ?
Pas nécessairement. Des travaux expérimentaux montrent qu’une augmentation aiguë importante des hormones circulantes ne se traduit pas automatiquement par davantage d’hypertrophie ou de force à long terme.
🔬 Références scientifiqueS
1. Volek JS et al. — 1997
Testosterone and cortisol in relationship to dietary nutrients and resistance exercise.
Journal of Applied Physiology, 82(1), 49–54.
2. Häkkinen K et al. — 1998
Acute hormone responses to heavy resistance lower and upper extremity exercise in young versus old men.
European Journal of Applied Physiology, 77(4), 312–319.
3. West DWD et al. — 2010
Elevations in ostensibly anabolic hormones with resistance exercise enhance neither training-induced muscle hypertrophy nor strength of the elbow flexors.
Journal of Applied Physiology, 108(1), 60–67.
4. Vingren JL et al. — 2010
Testosterone physiology in resistance exercise and training: the up-stream regulatory elements.
Sports Medicine, 40(12), 1037–1053.
5. Scudese E et al. — 2016
Long Rest Interval Promotes Durable Testosterone Responses in High-Intensity Bench Press.
Journal of Strength and Conditioning Research, 30(5), 1275–1286.
6. Geisler S et al. — 2019
Salivary testosterone and cortisol concentrations after two different resistance training exercises.
Journal of Sports Medicine and Physical Fitness, 59(6).
7. D’Andrea S et al. — 2020
Physical exercise acutely increases testosterone levels in men: a systematic review and meta-analysis.
Journal of Endocrinological Investigation.
8. Chycki J et al. — 2024
Acute Hormonal and Inflammatory Responses following Lower and Upper Body Resistance Exercises Performed to Volitional Failure.
International Journal of Molecular Sciences, 25(13), 7455.

